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Fragments de vie L'âme et sa lumière

Rencontres du hasard, la guidance du Ciel

2015. J’étais à Gokarna, en Inde, toujours bien décidé à me laisser aller tranquillement dans l’autodestruction. Depuis quelques jours, je lisais les enseignements du Bouddha par Walpola Rahula. Ma propre introspection rejoignait en de nombreux points la pensée du Bouddha, « l’éveillé » en sanskrit.

J’avais vécu l’impermanence de plein fouet, en perdant l’usage de la moitié de mon visage à 17 ans. L’interdépendance était évidente. La souffrance de la vie des sens, cette absurdité du cycle de l’appétit au dégoût et du dégoût à l’appétit, me rendait fou, et menait à une impasse stérile.

Bouddha parlait d’un Samsara, d’un cycle de réincarnation, où l’on ne sortait que par la méditation sur notre vrai nature et par l’apprentissage de la sagesse et de la compassion. Je souffrais tellement, que rien que cette idée de devoir me réincarner m’angoissait. Je n’avais aucune envie de redoubler la vie, trop de souffrances dans cette spirale infernale. Ma souffrance me motivait à chercher un enseignement digne de ce nom pour au moins atteindre une paix intérieure.

Être ouvert aux rencontres du hasard

La veille, alors que je revenais à Ôm Beach en tuk tuk, je vois deux personnes âgées marcher sous le soleil des tropiques. Je demande à mon chauffeur de se mettre à leur niveau, et leur propose de les ramener. Il y a Brigitte, une allemande de soixante-dix ans, pleine de sérénité, et Mustapha, un français de cinquante-sept ans, qui porte une casquette « Free Tibet », petit et rasé, les traits de son visage portent son vécu. On discute Bouddhisme et me propose d’en parler davantage le lendemain.

Le lendemain, le voilà donc qui débarque à ma table, s’en suivra une conversation passionnante sur le Bouddhisme. Tout est justifié par la loi de cause à effet, par notre karma, que notre réincarnation est un choix, comme m’a dit une autre personne la veille. Je me dis qu’en Inde, les voyageurs semblent connaître les règles du jeu.

« Va là-bas »

Il me donne l’adresse d’un centre bouddhiste tibétain, « Tushita » à Dharamsala, pour m’inscrire à une retraite de méditation de dix jours. Cela m’intéresse, l’expérience vaut mieux qu’un long livre, j’envoie ma demande d’inscription dans l’après-midi.

La voie du milieu, enseigné par Bouddha, me paraît tout à fait logique. D’ailleurs, Mustapha est bouddhiste, mais fume et boit des bières, ça me va très bien. Je le remercie pour toutes ces informations, et je me dis qu’il y a des rencontres de l’ordre du destin, ces fameuses synchronicités, dont parlait Carl Gustav Jung.

Dans ce cas là, la guidance du Ciel passe dans l’élan du cœur de chaque être humain.

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