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L'Ego

Comment faire le deuil de l’idéal ?

On fait le deuil de l’idéal en acceptant de retirer tous nos critères de perfection que nous avons posé sur nous-même, les autres et le monde. C’est par la répétition de l’acceptation de l’imperfection que nous nous libérons de nos propres jugements.

Accepter l’imperfection de notre être et du monde est libérateur.

La recherche de la perfection et de l’idéal, a toujours fait des ravages dans le monde. C’est ce qui a donné naissance à toutes les idéologies utopistes et de purification, comme le « nouvel homme » communiste ; les illusions du prince charmant et de la femme idéal dans les relations hommes-femmes ; le monde parfait du progrès technologique… Mais le problème, c’est que l’idéal et la perfection recherchés par l’ego-mental, est une impasse.

La perfection n’est pas de ce monde

« Les enseignements chinois posent au contraire la perfection comme la mémoire d’un monde révolu, perdu et figé. La perfection est vue comme un mirage et le miroir d’un monde duquel la vie s’est retirée ou dans lequel elle n’est pas encore engagée.

L’harmonie ultime contient une part d’inachevé. C’est là que se nichent les étincelles de vie. L’état de perfection n’est ni souhaitable ni tenable.

Le message est puissant : l’état de perfection n’appartient pas au monde manifesté. Il est “antérieur”. Antérieur à la création du monde tel que nous le connaissons. […] Nous pouvons tendre vers ce modèle. Mais s’y arrêter et essayer de figer un état de perfection est contraire à la réalité du monde manifesté. Un tel effort est vain et revient à suivre une illusion.

Lorsque tout est en place et que plus rien n’est à faire, à réparer, à nettoyer, le lieu devient un musée ou une tombe. Il contient trop de yin, métaphore de l’immobile, du stable, du lourd. Trop de yin est du côté de la mort. »

Marie-pierre Dillenseger

Être soi-même, parfaitement imparfait

« Alors ne cherchez plus la perfection, car cela indique que vous pensez être imparfait. Rendez au Sans Nom ce qui lui appartient. Vous êtes parfait, mais c’est seulement votre vision de vous qui ne l’est pas. »

Laurent Dureau

Être soi-même, c’est d’abord s’aimer inconditionnellement dans toute sa dualité, avec sa lumière et son ombre.

On ne peut pas se projeter dans un autre état sans avoir à digérer qui l’on est d’abord. Sans avoir fait le deuil de l’idéal de soi-même, c’est à dire accepter ce que l’on ne veut pas être.

Pour être, il ne faut pas partir d’un futur idéal, mais s’exprimer et agir comme la personne que mon cœur veut être au présent. La Vie est un processus de création de soi à partir de notre centre.

« Connaître et accepter nos points de faiblesse, sans effondrement psychique, ou accablement de l’ego, est sage. […] La recherche de la perfection – ou plus fréquemment la crainte et le rejet de l’imperfection – alimente l’autocritique dans un engrenage aussi inaccessible que despotique. S’adapter à ce qui est plutôt que d’être déçu et découragé par ce qui n’est pas favorise la levée des illusions et l’ancrage dans la réalité. »

Marie-pierre Dillenseger

Le deuil de la personne idéale

En amour, la recherche de la personne idéale par l’ego est une illusion. La personne idéale est celle qui fait vibrer notre âme, simplement dans sa présence. Dans les relations égotiques de guérisons, nous projetons nos manques intérieurs sur l’autre, nous tombons amoureux des qualités que nous croyons ne pas avoir. Nous nous attachons à des illusions, plutôt qu’à la réalité. L’amour inconditionnel n’a pas de critères.

L’autre est un miroir de notre être. En étant blessé, nous attirons quelqu’un de blessé, en étant guéri, nous attirons quelqu’un de guéri. Il s’agit d’abord de sceller le mariage entre l’ego et l’âme, d’être unit intérieurement, pour être unit extérieurement. En attendant, il s’agit de développer une masse d’énergie de confiance envers la vie, et d’amour pour soi, supérieure à notre désespoir, notre impatience, et notre sensation de manque.

L’œuvre d’art infini

Dans le processus de création, il y a quelque chose d’éternel : on peut toujours rajouter une touche de peinture à un tableau terminé. C’est à nous de discerner le moment où l’œuvre est terminée. Mais ce moment ne peut jamais venir.

Pendant longtemps, je n’arrivais pas à être satisfait de moi-même. Je trouvais ce que je créais comme imparfait à mon sens, et je ne pouvais pas m’en réjouir. C’est un processus inconscient, lié à la blessure du rejet, je me sentais légitime uniquement si ma création était parfaite, bref quelque chose qui n’existe pas.

La question est – comment sait-on lorsque notre travail est terminé ?Aujourd’hui, ma perception a changé : je suis content de moi, à partir du moment où j’ai exprimé l’idée que j’avais dans le cœur, que ça me ressemble, dans sa simplicité, et non que cela soit parfait.

L’idéal réaliste

« Ton cœur suit le chemin idéal, sans aucune pression »

Il se trouve qu’il existe tout de même un chemin de vie idéal, et c’est celui du cœur. Car notre cœur est connecté à notre âme, et à un plan divin d’évolution vers l’amour inconditionnel. Les murmures de notre cœur nous conduiront sur un chemin de purification et de libération de notre polarité négative ; à l’alignement de notre dualité ego-âme ; et à notre épanouissement personnel au service du Tout.


Superbe interview de Navo, le coauteur de Bref, par David Laroche, sur « Comment aller au bout de ses projets ».

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