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Fragments de vie l'ego et son ombre

La vengeance n’est pas la justice

Inde 2015 – New Delhi

L’Inde est un pays où les contrastes sont forts et où chaque jour se joue une aventure sur l’ensemble du spectre émotionnel. De la joie à la colère, de la peur au lâcher-prise, de la tristesse à la paix intérieure… Ce contraste intérieur comme extérieur est permanent. Pour chaque rencontre, il fallait que je scanne la personne, et ses intentions, pour savoir si cette dernière était honnête ou tentait de m’arnaquer. En clair, surtout à New Delhi, c’était la loi de Pareto, 20% des personnes que je rencontrais, étaient authentique, et les autres 80% voulaient m’arnaquer, et ne me voyaient seulement comme un porte-monnaie marchant. C’est facile de pouvoir finir parano, et cela m’a amené à préparer ma vengeance et d’apprendre qu’elle n’était pas la justice.

En premier lieu, quand que je suis allé à New Delhi, après quatre mois d’errance en Inde, j’avais accumulé beaucoup de rancœur. Vis-à-vis de toutes les tentatives d’arnaques que j’avais repoussé tant bien que mal, et parfois, j’étais tombé dedans. Tant et si bien que ma colère s’était accumulée et j’avais pour projet de faire payer à un vendeur, les harcèlements commerciaux et les escroqueries, que j’avais encaissés les mois précédents. Si bien, que je me disais que les indiens prétendent croire en Dieu, mais finalement ne croient qu’en l’argent.

« La vengeance n’est pas la justice, elle n’est que colère. »

Ce jour-là, mon chauffeur de tuk-tuk, me dépose dans un magasin, pour toucher une commission. Je lui dis que je ne veux rien acheter, il me dit « aucun souci ». Alors je décide de me venger, tranquillement, le but est de pousser à bout le vendeur comme ils me l’ont fait tant de fois.

Alors je fais déballer au vendeur plein d’écharpes, de très bonnes factures, je prends le temps de boire le chaï qu’il m’offre, puis prétend que la qualité de ces vêtements n’est pas bonne, et que je ne suis pas intéressé. Le vendeur enrage « pourquoi me fais-tu perdre mon temps ?! ». On surenchérit tous les deux l’un contre l’autre. Et énervé, je rétorque que tous les indiens sont des escrocs, en montrant la cicatrice du coup de couteau, bien rougeoyante, façon spectacle. Il me montre les doigts de sa main et me dit qu’ils sont tous différents, comme les gens. On sort dehors pour se calmer.

Au final, on se retrouve tous les deux énervés et à bout de nerfs. Cela a été une bonne leçon, puisque j’ai appris dans cet épisode que la vengeance n’était pas la justice, qu’elle n’avait nullement apaisé mon sentiment d’injustice intérieur que je ressentais, ni ma colère initiale. Au contraire, la vengeance ne m’avait que plus énervé.

Ainsi, le seul moyen de se défendre contre ces escroqueries, était de m’appuyer sur mon intuition. De même, qu’en cultivant ma clarté intérieure, mon discernement, et l’affirmation de moi-même, afin d’apprendre à dire non avec force.


– Catégorie « Chemin-qui-a-du-coeur »

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