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Fragments de vie l'ego et son ombre

L’inertie de la mémoire face à l’évolution

Notre vie est une opposition entre l’inertie de la mémoire du passé et l’appel de son évolution, inspiré par l’âme. Les mémoires de l’ego résistent à toute évolution, et souhaitent même se renforcer, nous donnant du fil à retorde pour évoluer.

On peut ressentir facilement cette résistance, liée à notre attachement à notre identité, définie par notre passé. Chaque fois que l’on veut donner ou jeter, les objets de notre passé, que l’on a chérie, on peut ressentir cette résistance. Le territoire de notre ego-étendu est composé de ces possessions.

« Ce que nous possédons finit par nous posséder. »

Plus on possède d’objets et plus notre inertie est grande et notre évolution freinée. Pour accueillir une nouvelle vie, rien de tel que se libérer de son ancienne vie. En cela, je suis devenu minimaliste, par la force des choses, du fait de voyager régulièrement avec seulement un sac à dos pour plusieurs mois, je n’avais pas moyen d’accumuler. Je me suis rendu compte que je pouvais m’épanouir avec le strict nécessaire. Il y a une véritable libération à n’avoir que l’essentiel.

Et lorsque je suis rentré, de retour dans ma chambre, j’ai enlevé la peau des murs (les poster qui m’ont vu grandir), j’ai donné mes anciens livres qui ne m’étaient plus utile, malgré les émotions qu’ils m’avaient animées. Ou encore, j’avais mon « flocon » de ski, floquée de l’année 2000, dans une boîte à souvenir. Lorsque je me suis posé la question si je le jetais ou non, j’ai ressenti l’attachement sentimental pour cette petite médaille. Et pourtant, en réfléchissant, à quoi bon garder quelque chose qui restera toujours dans une boîte ? Les images de nos souvenirs s’imprègnent dans les objets. C’est fou comme l’attachement pour des objets peut être fort, par leur puissance émotionnelle. Le pire étant les objets pratiques mais non utilisés, alors on se ment à soi-même en pensant que peut-être, ça nous servira dans le futur, mais cela ne sera pas le cas.

Attaché et illusionné à ce que nous sommes, seule la souffrance vient nous montrer que nous devons lâcher sur l’inertie de la mémoire, et aller de l’avant, avant d’être pris en sandwich entre la souffrance de l’ancien et la peur de l’inconnu.

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