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Fragments de vie l'ego et son ombre

Soit je meurs, soit je m’aime sans conditions

J’avais choisi une vie différente, une vie d’errance à la recherche d’une vérité. Non pas véritablement par choix, mais parce qu’en continuant dans la société et sa routine de travail absurde, j’aurais mis fin à mes jours. Peut-être dans un suicide doux à la manière de Jack Kerouac, alcoolique et dépressif. L’errance spirituelle, en quelque sorte, m’avait sauvé temporairement.

Mais aujourd’hui, portant le poids des années sur le dos, je ne savais plus quoi penser de mon choix. Était-ce moi qui avait raison ? Ou la société ? Avons-nous tous les deux raisons ou tous les deux torts ? Pourquoi suis-je autant incompatible avec la société ?

Au fond, l’errance n’était pas une recherche de vérité. L’errance était une fuite face à la souffrance. L’errance est mon propre échec à m’intégrer à la société, à accepter cette vie matérielle.

Seul, sans emploi, chez mes parents à 27 ans, je repense à mon ex en boucle. La vie que j’ai ne me convient pas, mais j’ai l’impression de faire face à des murs de tout côté. Et je m’apitoie sur mon sort. Alors, il y a ce choix stupide : soit je meurs, soit je m’aime sans conditions. Je n’avais pas follement envie de mourir comme autrefois.

Trouver l’amour en son for intérieur

« Il y a deux ans, quelqu’un m’a adressé spécifiquement à moi, une citation de Taisen Deshimaru, dans le but d’un enseignement : « Si vous ne trouvez pas la vérité en vous, où voulez-vous la trouver ? »

Cela m’a vraiment laissé perplexe, je me suis dit mais de quoi il parle… Et puis mon ex en a rajouté une couche à l’oignon, en me renvoyant à moi-même, en me disant que la solution était en moi, de m’aimer moi-même. On a coupé les ponts, alors j’étais seul sur mon île.

Finalement, j’en avais ras-le-bol de chercher à l’extérieur, dans les livres ou dans différentes expériences, alors je suis parti méditer sur un banc sur la plage face à la mer. À prier la lumière de m’aider à ressentir ma propre lumière intérieure, mon propre amour pour moi-même. La marée est basse, le soleil se couche. Je ne sais pas comment faire, je me laisse guider, je ferme les yeux.

J’ai essayé de ressentir au niveau du cœur, je m’y suis pris à plusieurs reprises, je m’encourageais pour ne rien lâcher, et puis une certaine plénitude a commencé à m’envahir, une chaleur intérieure joyeuse. J’avais toujours une certaine part de doute mental qui tournait autour comme un vautour, il a fallu que je la lâche complètement pour m’enlacer dans cet amour intérieur. Dans la vibration de cet amour inconditionnel.

Je m’aime sans conditions

Je me suis senti apaisé l’espace d’un instant. Cette expérience m’a appris que j’avais une source d’amour inconditionnel en mon for intérieur, et qu’à chaque fois que j’avais un jugement négatif vis-à-vis de moi, je fermais le débit de cette source. Et Dieu sait que j’étais à sec, puisque je me jugeais en permanence. J’ai aussi appris que plus j’acceptais mes peurs, mes failles, mes vulnérabilités, et plus je m’aimais inconditionnellement. Ces mêmes peurs, ces mêmes failles, ces mêmes vulnérabilités, qui nous obligent à porter des masques, au lieu d’être nous-même.

J’ai pris la décision de m’aimer.
Ainsi, peu importe ce que j’étais et ce que je suis,
Et peu importe ce que j’ai fait et ce que je fais,
Peu importe ce que j’ai eu et ce que j’ai.
Je m’aime sans conditions.

L’amour inconditionnel est la fin de la comparaison avec les autres, la fin de la recherche d’une preuve d’amour de la part des autres, je n’ai besoin de rien prouver pour m’aimer. Je m’aime depuis ma lumière, avec toutes mes parts d’ombres.

Bien sûr que je veux éclairer mes parts d’ombres, mais je ne les déteste pas. Lorsque je joue leur jeu et que je m’en rends compte, alors je me redresse, je m’encourage à me centrer dans mon cœur, à m’aimer avec mes peurs, avec mes doutes, avec ma colère.

Par amour pour moi-même, je m’encourage intérieurement pour réussir, à affronter les obstacles, les peurs, les peines et les doutes. Avant, lorsque je me détestais, j’avais une voix intérieure qui me tirait vers le bas, aujourd’hui, je n’écoute que celle qui me tire vers le haut.

L’ennemi de ma réussite, c’est moi.
L’ami de ma réussite, c’est aussi moi.

Enlacer sa souffrance dans l’amour

Je suis arrivé au bout de ma quête spirituelle. Oui, le Ciel existe. Je suis allé me percher là-haut par souffrance d’être en bas. Mais le Ciel ne demande pas d’être déconnecté de la Terre et de sa matière. Le Ciel demande d’imprégner l’amour au cœur même de la matière. Il me demande maintenant de descendre affronter la souffrance que j’avais laissé en contre-bas.

Aujourd’hui, j’ai compris-intérieurement que notre essence est l’Amour, et que le sens de cette essence est de rayonner cet amour inconditionnel. J’ai vu cette vérité un nombre incalculable de fois dans des livres, et je ne l’ai comprise et ressenti qu’aujourd’hui, c’est quand même fou cette affaire ! Alors dorénavant, je m’aime sans conditions.


– Youtube Aurore Roegiers « Mettre ses limites pour vivre l’amour inconditionnel »

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