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L'Ego

L’addiction à l’écran intérieur de l’ego-mental

L’ego-mental a sa propre salle de projection, son écran intérieur. Et plus nous sommes dans l’attente vis-à-vis de la vie, et plus nous divaguons en zappant sur les chaînes de notre télévision intérieure, ou nous regardons les dernières sorties de notre cinéma intérieur.

Lorsque nous sommes scotchés sur notre écran intérieur, notre vision est floue, nous sommes hors de la réalité, dans notre propre salle de projection.

Télévision intérieure

Comme pour la télévision, nous avons différentes chaînes avec des programmes positifs ou négatifs. Les programmes sont composés de nos souvenirs.

Est-ce l’on regarde sur notre télévision intérieure les chaînes positives de notre vie (les souvenirs de nos succès, nos combats, nos beaux moments…) ou les chaînes négatives de notre vie (les souvenirs de nos ratés, nos échecs, nos difficultés, nos « sales » moments…) ?

L’impact sur ce que nous regardons intérieurement est le même qu’avec la télévision extérieure… En regardant en boucle une chaîne négative, nous devenons forcément maussades et déprimés. À quelque part, nous avons tous une « bfm tv » intérieur qui diffuse en boucle des informations négatives.

Petite digression sur l’information et les médias.

Il y a un point de bascule entre s’informer et se faire du mal.

Pourtant, il y a ce truc vicieux, qui parfois nous pousse à nous informer négativement plus que de raison, une sorte de fascination à la négativité, qui prend ses racines dans notre vision du monde.

Si notre ego pense que le monde va mal, nous allons chercher les informations qui confortent notre vision. C’est le principe même de l’ego de chercher à se nourrir de ce qu’il est.

Ne pas s’informer, c’est être dans le déni. S’informer plus que de raison, c’est être dans l’addiction. Il y a toujours cette voie du milieu à équilibrer.

Le grand écran du cinéma intérieur

Le cinéma intérieur, ce sont tous les films que l’on se raconte. Les films sont produits, réalisés, montés par notre pouvoir de création – notre imagination.

On sait tous que le cinéma n’est pas la réalité, et ça vaut aussi pour notre cinéma intérieur, et les films que l’on se passe. S’il existe une bfm-tv intérieur, il existe aussi un Hollywood intérieur : un studio de cinéma maître de l’illusion et de la poudre aux yeux.

L’imagination de nos rêves doit être suivie par l’action.

Cependant l’imagination, dans sa projection vers un avenir meilleur, est à double tranchant. D’un côté, délicieux échappatoire d’un présent trop lourd, et de l’autre prison d’illusion d’un futur inexistant.

« Dès lors, nous réintégrions en somme notre condition de prisonniers, nous étions réduits à notre passé, et si même quelques-uns d’entre nous avaient la tentation de vivre dans l’avenir, ils y renonçaient rapidement, autant du moins qu’il leur était possible, en éprouvant les blessures que finalement l’imagination inflige à ceux qui lui font confiance. »

Albert Camus, « La Peste »

Il y a un point de bascule entre espérer et s’enfermer dans l’illusion.

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