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Fragments de vie l'ego et son ombre

Séance d’hypnose régressive : voyage intérieur

Voilà des années, que j’essayais d’aller de l’avant, et pourtant ma vie, tournait en boucle dans le négatif, comme un mauvais cd, je ne voyais pas la fin. J’avais vraiment l’impression d’être impuissant face à moi-même. Malgré mes efforts, je retombais sans cesse dans l’auto-sabotage, et ce constat rendait difficile l’amour pour moi-même.

C’est sur ce bilan, que je me suis dit qu’il fallait que j’aille voir un hypnothérapeute. Car j’avais l’impression qu’il y avait quelque chose qui me contrôlait au-delà de ma conscience et de ma bonne volonté. C’est comme si je vivais avec le frein à main, sans pouvoir l’enlever. À ce moment-là, je ne savais pas que j’allais avoir besoin de quatre séances d’hypnoses sur toute l’année…

Ces séances sont qualifiées de « régressions », dans le but de « nettoyer » des mémoires négatives liées aux ancêtres ou à mes propres vies passées.

Première séance d’hypnose régressive


Pensées suicidaires

On commence la séance par une relaxation. Je me vois dans un souvenir à la plage où l’océan est calme et l’eau transparente, magnifique, le soleil est chaud sans pour autant être agressif. Un endroit agréable pour se détendre.

Puis, la voix de l’hypnothérapeute me guide pour traverser un pont, traverser un rideau de lumière, et passer dans la zone d’exploration. De l’autre côté du pont, je demande à mon guide de venir, c’est le magicien Gandalf du Seigneur des Anneaux. Étonnant mais marrant. On passe ensemble dans un tunnel, qui débouche sur un paysage glacé, semblable à des paysages de Digne-les-Bains – où j’ai vécu – en hiver.

Je demande à mon guide s’il y a une blessure côté maternel ou côté paternel, il me répond les deux. On commence par la blessure côté maternel, je laisse venir les images et les impressions qui me viennent. Je ne me rappelle plus vraiment du problème, un de mes ancêtres côté maternel avait peur du ridicule, et m’a transmit cette peur. Pour soigner la mémoire, avec mon guide, on envoi de la lumière et de l’amour.

Puis, on revient dans le paysage enneigé, mais cette fois-ci, la glace a en partie fondu. Et on passe à la mémoire de l’aïeul du côté paternel. Et là, c’est le choc ! Mes paupières se mettent à trembler ! Je sens une énorme haine envers moi-même, j’ai l’impression que c’est un suicide, à cause de moqueries, une grande lassitude noire de la vie. L’émotion est intense, et c’est très perturbant de me dire qu’elle ne m’appartient pas vraiment. Il aimait ses enfants. Je vois un costume de première guerre mondiale. De nouveau, on effectue le soin avec Gandalf.

Enfin, on revient dans le paysage d’Ardennes, qui est totalement au printemps, Gandalf me fait un soin dans une bulle multicolore qui devient blanche. Puis, on se dit au revoir, et je traverse toutes les étapes inverses pour revenir à moi-même.

Cette première séance était terriblement intense. C’est très étrange de ressentir l’émotion d’une puissance folle d’un aïeux, c’est comme s’il redevenait vivant le temps d’une séance…

Deuxième séance d’hypnose régressive

L’amour, remède universel

Un mois plus tard, étant toujours dans un combat intérieur entre moi et moi, je décide d’y retourner pour une investigation plus poussée.

Pendant la relaxation, je suis dans les bois que je connais bien, proche de chez moi. Près de la rivière où j’avais vu un serpent quelques jour auparavant. Puis je passe le pont suspendu, traverse la zone de lumière, et demande à mon guide de venir de l’autre côté. Mais cette fois-ci mon guide est un moine Tibétain à la robe orange, au prénom commun de Tenzin.

Après un tunnel, on arrive dans une forêt luxuriante, une jungle. Alors la partie commence. Pour la première mémoire, le Guide m’emmène par la main dans une « vie passée ». Je suis habillé en guenille de moyen-âge, et j’avais tué un dragon volant, comme dans Game Of Throne, avec une très grosse arbalète. Et j’en ressens un sentiment de culpabilité. Puis pour le soin, je lui ai envoyé de la lumière et de l’amour. Et il s’est transformé en dragon chinois de carnaval coloré et souriant, façon cerf-volant et mon « moi » moyenâgeux jouait ensuite avec.

Pour la deuxième mémoire, c’est dans la lignée maternelle. Une femme voyante accusée de folie et de sorcellerie est brûlée vive. Le résultat dans ma vie actuelle est une peur d’assumer mes capacités spirituelles et la peur du jugement des autres. On soigne le traumatisme, toujours et encore par l’amour inconditionnel, remède universel.

Enfin, la troisième mémoire, est en lien avec mon père. Je nous vois tous les deux en amérindiens, nous sommes deux chamanes concurrents et une guerre de pouvoir a lieu entre nous. Il a gagné, et m’a forcé à m’exiler de la communauté. J’ai alors dû enterrer mon bâton de pouvoir dans la terre, et j’ai cultivé beaucoup de rancune contre lui, du fait de l’humiliation et du rejet, ainsi qu’une peur de l’exil. Je pars alors déterrer et reprendre mon bâton de pouvoir.

Ensuite, on revient pour faire un gros soin, qui dure de longues minutes, où Tenzin passe un peu partout sur mon corps, pour le reprogrammer. Le guide me dit qu’il reste encore trois autres blessures d’auto sabotage, à soigner une prochaine fois. Je reviens dans ma zone de relaxation, dans la forêt, le serpent monte sur mes genoux et s’enroule en boule.

Troisième séance d’hypnose régressive

La peur de la société et de l’acharnement

Deux mois plus tard, me revoilà de nouveau dans le cabinet prêt à voyager. Nouvelle régression, cette fois-ci, mon terrain de relaxation est un banc sur la plage où j’aime me poser régulièrement.

Puis je traverse le pont, j’arrive dans une savane, retrouve de nouveau mon guide, Gandalf. Et ensemble, on traverse le tunnel et on arrive dans la zone de découverte, matérialisée par un désert de sable.

Dans la première mémoire à soigner, côté paternel, Gandalf se transforme en éléphant. On part dans des marécages, et je vois une femme qui ressemble à Jasmine d’Aladin, avec une longue couette. Mais elle s’est faite couper les cheveux de force à cause des codes de la société. Elle le vit très mal, alors qu’elle veut danser librement. Ce qui fait que j’ai hérité d’une association entre société et prison, entre société et soumission, une peur de la société, peur de perdre ma liberté. On soigne la mémoire comme toujours avec de l’amour et de la lumière, pour que je puisse de nouveau être libre dans la société. Alors que je vois, nettement « Jasmine » danser avec une robe verte, elle me dit pleine d’enthousiasme de « danser la vie ».

Pour la deuxième mémoire, je vois un poisson ridicule, comme une anguille, flotter dans l’air et qui me tire la langue en face de moi. La situation est tellement cocasse, que ça me fait rigoler. La mémoire est sur ma grand-mère. Elle avait peur du ridicule, d’être moquée, ce qui a entraîné un pessimisme, et une aigreur de la vie. Malmené, elle a ressenti de l’humiliation venant de ses frères et sœurs, entraînant un manque de confiance en elle. Elle me fait un cadeau et m’offre un colis, emballé dans du scotch marron, comme ceux qu’on recevait lorsqu’on était petit. J’ouvre et à l’intérieur se trouvent des petites balles qui rebondissent. Ça me laisse perplexe.

Enfin la troisième mémoire à soigner, d’une vie « antérieure », je vois un mineur travailler d’arrache-pied. Je le vois avec sa pioche dans une mine à ciel ouvert, sans s’arrêter, pour se sentir exister et être reconnu, au-delà des limites de son corps qui n’en peut plus. Ce manque d’écoute de lui-même l’entraine à l’épuisement physique, à une dégradation de sa santé et à une mort précoce. Ce que j’ai hérité de cette mémoire est l’inverse, c’est-à-dire la peur de l’acharnement, et de l’usure du corps. D’où mon écoute profonde de mon ressenti et de mes limites naturelles.

La séance se termine, et j’ai une synchronicité en remontant dans la voiture. En allumant l’autoradio, il y a une chanson sur nostalgie, qui fait référence à la première mémoire soignée.

« Elle danse au milieu de la rue mais elle s’en fout. »

Quatrième séance d’hypnose régressive : le noir, c’est noir

Pour ma dernière séance, on part sur l’investigation d’une peur qui résonne en moi, parfois : la peur des monstres, qui est en fait la peur d’être un monstre. Quand je la ressens, cette peur me donne des montées en température, et des suées froides…

Nous revoilà partis pour trois nouvelles mémoires de vies antérieures. Dans la première, je vois un avion qui part en vrille, à cause du manque de contrôle. Mais c’est une sorte de censure de mon mental, qui transforme métaphoriquement parfois certaines images pour s’adapter à ma sensibilité. Je demande intérieurement à réellement voir. 

Et là, c’est le choc, je suis un gardien dans un camps de concentration, et par abus de contrôle et de domination, je ressens que j’ai tué beaucoup de gens… Ce qui a entraîné une peur d’être de nouveau un monstre, et un manque de confiance, d’où le besoin de tout contrôler intérieurement. J’évite de trop visualiser pour éviter de me choquer moi-même. Vient le moment du soin, où il faut envoyer avec mon guide de la lumière et de l’amour inconditionnel sur cette mémoire, chose plus difficile sur des actes lourds et noirs, mais là est le vrai challenge.

S’en suit après cette vision déjà difficile, une deuxième mémoire encore compliquée. À croire que plus on arrive proche de la lumière, plus on voit son ombre la plus noire. Dans le donjon d’un château, je suis un chevalier qui dans une trahison ultime, égorge mon frère, pour garder le pouvoir uniquement pour moi, alors que la promesse initiale était de régner à deux. Cette mémoire, encore rock’n roll, a tissé en moi, par effet inverse, une peur de la trahison, une peur de partager le pouvoir, d’où le besoin encore de tout contrôler.

La troisième mémoire sera dans la même noirceur. Je me vois pendant la première guerre mondiale, dans les tranchées, je ressens la rage hurlée au moment de charger, pour couvrir la peur de mourir. Cette rage animale d’une violence inouïe m’a créé un traumatisme intérieur et la peur de cette violence, de cette inhumanité. J’ai toujours fui les gens violents, et ceux qui ne contrôlaient pas leur rage. Cette peur est tellement profonde, que je ne veux pas être sur un piédestal, dans la lumière du succès, pour ne pas y être confronté. J’ai toujours préféré l’ombre des coulisses à la lumière de la scène, pour cette raison.

Je suis ce que je décide d’être

Je ressors de cette séance, vraiment choqué, je ne m’y attendais pas le moins du monde. Et cette vision et ces sensations, ont créé une dissonance cognitive entre les mémoires noires, et ma vie actuelle, où je sauve même les insectes…

Pendant quelques temps, j’ai vraiment douté de mes bonnes intentions et d’être une lumière. J’ai compris profondément cette dualité intérieure. Mais le dernier mot va à l’intensité de ma volonté d’être. Et toute ma volonté est orienté à servir l’amour. Cet engagement est quotidien.

« L’Ombre veut te faire croire que tu n’es qu’une Ombre.
La Lumière sait que tu es une Lumière éternelle. »

Il y a aussi deux perceptions possibles. L’une, pessimiste, est de penser que c’est réellement « moi » qui ai causé ces souffrances. L’autre optimiste, que je préfère, est de penser que je me suis incarné pour purifier ces énergies noires, et les transmuter au service de l’amour. Comme toujours, nous avons le choix de perception : verre vide ou verre plein.

Enfin, est-ce que ces images en hypnose sont réellement des vies vécues ? De mon point de vue, pas toujours. Pour beaucoup, notre visualisation va s’appuyer dans notre lexique imaginaire personnel, pour lire les données (les émotions mal vécues, et qui brident notre être actuel).

En réalité, l’important est de guérir, pas tant de juger ou de débattre sur ce que l’on a vue.

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